Grossesse et tabac, l’avenir de nos enfants est-il en danger ?

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La lutte contre le tabagisme en général a vu la consécration d’une journée mondiale sans tabac. Or, le tabagisme féminin ne cesse d’évoluer dans presque toutes les sociétés, et ce même lors de la grossesse,  avec parfois des conséquences dramatiques sur la santé des enfants. Dans cet article, l’on présentera ses conséquences et les mesures de sevrage tabagique pendant la grossesse.

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Que ce soit la loi Evin ou le plan Kouchner en France, la lutte contre le tabagisme en général est devenue une préoccupation pour la plupart des Etats, notamment avec l’interdiction des publicités sur le tabac et l’obligation pour les industries de tabac, d’inclure sur les paquets de cigarette une alerte santé pour les consommateurs. Malgré toutes ces mesures, la consommation du tabac par les femmes enceintes, ne cessent pourtant d’augmenter. Plus préoccupées aujourd’hui par le Mommy Makeover, c’est-à-dire les soins post grossesse pour améliorer leur physique, les femmes semblent ne pas prendre la mesure des dangers de la consommation du tabac sur la vie de leur enfant.

Les conséquences du tabagisme pour la mère et le fœtus

Ce n’est pas la composition chimique du tabac qui est un enjeu dans la lutte contre la consommation du tabac pendant la grossesse, mais leur toxicité. La fumée de la cigarette produit la nicotine, le monoxyde de carbone et des substances oxydantes, qui sont tous de véritables tueurs silencieux tant pour la femme elle-même que pour le foetus. Qu’il soit passif ou actif, le tabagisme est toxique pour le fœtus.

Le monoxyde de carbone particulièrement empêche l’oxygène d’arriver aux tissus en se fixant à l’hémoglobine du fumeur. Par conséquent, il réduit la quantité d’oxygène dont le fœtus a besoin. Le taux de carboxyhémoglobine fœtal est supérieur à celui de la mère, donc une plus grande intoxication de l’enfant.  Parce que la pression artérielle fœtale est plus basse et aussi que la décarboxylation fœtale est lente.

De même, le tabagisme, par ses substances oxydantes, cause une vasoconstriction de la mère et du placenta. Ses substances augmentent aussi le risque de thrombose placentaire, un facteur de complication de la grossesse.

La nicotine quant à elle, provoque l’insuffisance utéroplacentaire responsable du retard de croissance du fœtus et de la prématurité. Les effets indésirables de la nicotine sur la santé du fœtus porte sur le cœur, les poumons, le cerveau. Il y a une diminution ou une augmentation de la fréquence cardiaque chez le fœtus, une modification de sa fonction pulmonaire et un effet neurotératogène sur son cerveau. Il y a par ailleurs, une diminution du poids de l’enfant à la naissance, des malformations, un retard de croissance intra-utérin, une diminution du périmètre cranien, etc.

Le sevrage tabagique chez la femme enceinte

La consommation du tabac crée une triple dépendance psychologique, pharmacologique et comportementale. Fumer procure aussi bien une sensation de plaisir, qu’elle permet de satisfaire une demande en nicotine. Pour le consommateur de tabac, fumer réduit le stress, stimule l’intellect, procure le bien-être. Pour lutter contre la consommation il faut tenir de tous ses facteurs. Car malgré leur volonté d’arrêter pendant la grossesse, la plupart des femmes n’y arrivent pas. Plusieurs mesures sont prises dans les centres hospitaliers spécialisés pour accompagner les femmes enceintes vers l’arrêt de la consommation du tabac.

Outre le conseil minimal, ces mesures impliquent l’évaluation de la dépendance à travers le test de Fagerström et une prise en charge thérapeutique comprenant de substituts nicotinique, thérapie comportementale, buprion, etc.