Les adolescentes ont-elles droit à la chirurgie plastique ?

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Le domaine de la chirurgie plastique n’est pas sans attirer de nombreuses adolescentes aujourd’hui. Particulièrement celui de la chirurgie des seins, avec des demandes de la part de cette tranche de la population, d’augmentation des seins, que ce soit par pose de prothèse ou par lipofilling ou injection de graisse autologue, l’essentiel étant d’avoir une poitrine naturellement exubérante, harmonieuse et belle. Toutefois, ces demandes suscitent de nombreuses questions éthiques, morales et psychologiques au chirurgien, qui se demande si effectivement, il doit céder à la pression de l’adolescence. Quelles interventions peut-il ou ne doit-il pas faire ?

La chirurgie plastique  des seins comprend non seulement des opérations de confort, c’est-à-dire des interventions à but purement esthétique, mais aussi des interventions de corrections des malformations congénitales ou des traumatismes accidentelles.

Pathologie et anomalies mammaires chez l’adolescente

Les différents cas pour lesquels les jeunes patientes peuvent exiger une intervention chirurgicale chez un plasticien sont les suivants.

  • une demande concernant l’exérèse d’une tumeur. Ce qui est exceptionnellement rare et maligne et l’adolescence. Le chirurgien doit dans ce cas, opter pour une technique permettant d’avoir une rançon cicatricielle minime et discrète. Il ne peut s’agir donc que de pathologie bénigne comme l’adénofibrome
  • Les demandes concernant les anomalies des seins, comme l’hypertrophie ou l’hypoplasie mammaire. Les cas d’hypoplasie, c’est-à-dire, d’un développement insuffisant de la glande mammaire, qui nécessite pour son traitement, la pose d’un implant mammaire, pose au chirurgien le problème du temps opportun pour l’intervention. Il s’agira pour lui aussi de réfléchir sur l’impact des prothèses sur l’avenir de l’adolescente, et sur son vieillissement. En ce qui concerne la réduction de l’hypertrophie, seule la question des cicatrices est primordiale.
  • Les cas de malformations congénitales (seins tubéreux, syndrome de Poland, syndrome de Turner, agénésie mammaire) qui exigent une prise en charge chirurgicale précoce, commençant par une information sur le délai à attendre pour l’opération, la technique, etc., avant qu’elles ne deviennent psychologiquement traumatisantes pour l’adolescente. La correction des malformations mammaires ne peut se faire dans ce cas, qu’une fois la poussée mammaire terminée.
  • Les cas d’asymétries des seins.

Quand et comment résoudre le problème ?

Les pathologies malignes comme le cancer de sein étant rare chez l’enfant, il va s’agir pour le chirurgien la plupart du temps de traiter des pathologies bénignes du sein. L’adénofibrome est une de ces pathologies mammaires constatée chez les patientes après l’âge de 14 ans. Confirmée par une échographie, elle exige une surveillance clinique de 6 mois, puis annuelle, afin de s’assurer d’une augmentation du volume du nodule. Une exérèse n’est nécessaire que si le volume est supérieur à 3 cm. La technique du « round-block » permet une cicatrice discrète autour de l’aréole. En cas de volume très important, on peut associer à l’incision aréolaire, une incision axillaire ou une incision sous-mammaire, comme dans le cas du traitement des hamartomes, mais toujours en évitant une incision radiaire des quadrants supérieurs et internes afin de minimiser la rançon cicatricielle.

Pour les kystes, un traitement médical est le mieux indiqué. Sauf pour une papillomatose juvénile qui exige un traitement chirurgical afin de supprimer la zone galactophorique atteinte. Pour ce qui est des adipomasties, résultant d’une prise de poids importante chez l’adolescente ou une gynécomastie, le traitement chirurgical ne doit se faire qu’après une intervention diététique permettant de rétablir un poids normal. L’intervention chirurgicale se fait par liposuccion pour l’adipomastie. Mais pour la gynécomastie, une incision hémi-aréolaire est nécessaire pour supprimer la glande en excès.

Le traitement de l’hypoplasie mammaire chez l’adolescente par pose d’implants, doit tenir en compte l’éventualité d’interventions futures. Il est généralement important pour le plasticien, de faire patienter la patiente jusqu’à la maturité.