Une femme peut-elle « ignorer » sa grossesse ?

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Aussi surprenant que cela puisse être, il existe bien des femmes, 3 cas sur 1000, qui ont une grossesse dont elles n’ont aucune conscience, pas par mauvaise foi, par fuite de responsabilité, mais simplement parce qu’elles n’y pensent pas, parce qu’elles ne s’éprouvent pas comme femmes enceintes. Ceci s’appelle un « déni de grossesse » qui est une affection psychique ponctuelle touchant de plus en plus de femmes à travers le monde.

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Une grossesse qui s’ignore

Certes, le terme « déni » peut laisser accroire sur l’intention de ces femmes. Comme si elles savaient être enceintes, et préférer ne pas se considérer comme telles. Ce qui est contraire à leur réalité, qui est telle qu’effectivement, elles n’ont aucune connaissance pour certaines, de leur état, jusque peu avant l’accouchement, ce qu’on appelle le déni partiel, pour d’autres, jusqu’au moment de la parturition.

Généralement, la grossesse entraîne chez une femme, de grandes mutations, tant sur le plan hormonal, corporel, psychologique, familial et même social. Des changements hormonaux et physiques qui contraignent certaines femmes parfois à envisager une chirurgie esthétique après grossesse.

Or, pour les femmes souffrant du déni de grossesse, ces transformations physiques sont quasi inexistantes. Sa prise de poids durant cette grossesse inconsciente, est quasiment inexistante. A peine 5 kg qui se départagent sur d’autres régions du corps. Malgré la grossesse, la femme a ses menstrues normalement. Le fœtus qui parfois gigote chez la plupart des femmes, fait un effort de ne pas se manifester. La femme utilise son cerveau pour commander au corps.

Causes et manifestations

Le déni peut être psychotique ou non-psychotique. Dans le premier cas, il est accompagné de troubles psychiatriques dans l’autre, pas. Le déni psychotique peut être présent chez les personnes schizophrènes ou les bipolaires, mais il est surtout présent chez des personnes en contact avec la réalité, qui acceptent la réalité sauf celle de leur grossesse. Cet « impensé » de la grossesse, ce refus inconscient, cette méconnaissance, peut avoir été provoqué par l’environnement social ou familial, les interdits portant sur la sexualité, une grossesse indésirée, extraconjugale ou résultant d’un viol, etc.

Le déni de grossesse n’est cependant pas spécifique aux femmes qui sont à leur première grossesse. Selon le résultat d’une étude en France, près de la moitié, soit 50% dans cet état de déni, sont déjà mère d’une ou de plusieurs grossesses. Elles ne font pas le choix de ne pas parler de leur grossesse autour d’elles, simplement, elles l’ignorent elles-mêmes, grâce à des mécanismes de défense, qui leur permet d’échapper au stress psychique.

Le déni du déni de grossesse

Le déni de grossesse reste cependant encore méconnu de la part du grand public.  En France, l’une des affaires qui a porté ce problème au cœur des médias, reste sans doute la Célèbre Affaire Courjault, ou plus tard, la découverte tardive de sa grossesse par Sheryfa Luna.

En dépit des dangers que représente le déni pour les enfants, victimes parfois d’infanticide ou les cas de mort accidentelle, le déni de grossesse, n’est pas considérée comme une pathologie, de même que la justice reste dubitative sur l’irresponsabilité des femmes qui « ignorent » leur grossesse.